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Comedia Tempio
danse-théâtre & pantomime
Date : 16 & 17 JAN
Source : Manège de Reims (
http://www.manegedereims.com)
Rubrique : Nos Rendez-vous
Josef NADJ chorégraphe-interprète
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du 16/01/2007 20:30 au 16/01/2007 20:30
Salle : Le Manège de Reims
2, boulevard du Général Leclerc
03 26 47 30 40
Reims 51100 France (Nord-Est)
du 17/01/2007 20:30 au 17/01/2007 20:30
Salle : Le Manège de Reims
2, boulevard du Général Leclerc
03 26 47 30 40
Reims 51100 France (Nord-Est)
Texte : mar 16 & mer 17 janvier 2007. 20h30, au manège.
Arrivé en France en 1980 - après une jeunesse hongroise à Budapest - pour étudier à l'École du Mime Marceau, Josef Nadj découvre la danse contemporaine auprès de François Verret, Mark Tompkins, Catherine Diverrès. Sa première pièce Canard Pékinois (1987) est d'emblée marquée par un style où danse et pantomine se côtoient dans des ambiances proches de Kafka ou Kantor. "Comedia Tempio", créée trois ans plus tard, va concrétiser autour de la figure de Geza Csath* la recherche d'un théâtre sans paroles où n'existeraient que la musique et le mouvement.
* Né en 1888, Géza Csàth (Joszej Brenner de son vrai nom) fut un écrivain d'avant-garde, un dessinateur, un compositeur et un critique d'art. Psychiatre, il fut en tant que tel, un des premiers en Hongrie, à avoir reconnu l'importance des idées freudiennes. Un autre trait de sa personnalité l'emporte sur le reste ; à l'âge de 23 ans, il devint toxicomane. En peu de temps, l'effet de la drogue s'imprima sur son œuvre pour ensevelir tout son être. Géza Csàth est mort à l'âge de trente-deux ans.
www.josefnadj.com
Url Sirius : http://admin.artishoc.com/
Inséré le : 10/07/2006 00:00
DISTRIBUTION
Pièce pour dix danseurs
Durée du spectacle : 1 h 20 sans entracte
Mise en scène et chorégraphie
Josef Nadj
Musique
Stevan Kovacs Tickmayer
Scénographie
Goury
Costumes
Catherine Rigault assistée de Sylvie Régnier
Lumières
Rémi Nicolas assisté de Raymond Blot
avec :
Guillaume Bertrand
Denes Debreï
Peter Gemza
Kathleen Reynolds
Peter Lengyel
Nasser Martin-Gousset
Josef Nadj
Laszlo Rokas
Gyork Szakonyi
Cécile Thiéblemont.
Direction technique
Sébastien Dupont
Régie lumière
Raoul Pierson
Régie plateau
Laurent Grillon
Habilleuse
Françoise Yapo
Production et diffusion : Martine Dionisio
Coproduction : Centre Chorégraphique National d'Orléans / Théâtre de la Ville-Paris / Festival d'automne-Paris / Hebbel theater-Berlin / Les Gémeaux-Sceaux-Scène Nationale, avec la participation d'Alpha-FNAC.
Créée à Orléans en novembre 1990, Comedia tempio a remporté le Prix de la critique du Festival « Mimos 1995 » de Périgueux.
Le Centre Chorégraphique National d'Orléans est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication-Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, la D.R.A.C. Centre, la ville d'Orléans, le Conseil Régional du Centre, le Conseil Général du Loiret. Il reçoit l'aide de Culturesfrance (Ministère des Affaires Etrangères) pour ses tournées à l'étranger.
JOSEF NADJ
"Depuis que j'ai découvert que l'homme qui monte sur les planches d'un théâtre crée un paradoxe, un mystère qui reste indéchiffrable, moi-même je me suis accosté à cet espace. Mais qu'est ce qui m'intéresse dans cet espace-là ? Le rapport subtil qui se créé entre les corps vivants. L'image du corps. D'abord l'image mais pas au sens pictural, l'image qui se créé à partir d'une sensibilité purement corporelle, laquelle souvent résulte de situations ambiguës, d'une certaine pensée voilée. Mais de quelles profondeurs surgissent nos mouvements qui sont capables de créer un langage si familier et si étrange que l'on partage au moment du lever du rideau ? De quoi parle ce langage ? Peut-être d'une certaine vérité qui se cache derrière tous nos masques, tous nos gestes et sur lesquels l'homme plus volontiers garderait le silence."
Josef Nadj, de nationalité française, est né en 1957, à Kanjiza, en Vojvodine (ex Yougoslavie). Il fréquente le Lycée des Beaux-Arts et l'Université de Budapest où il étudie l'histoire de l'Art et de la musique. Parallèlement, il pratique la lutte et les arts martiaux, puis suit des cours d'expression corporelle et de théâtre. Sur les conseils de son maître, il quitte Budapest pour Paris en 1980.
Il suit des cours à l'Ecole Internationale de Mimodrame de Marcel Marceau de 1980 à 1982, puis de 82 à 83 à l'école d'Etienne Decroux. Parallèlement il prend des cours de danse avec Yves Cassati, Larri Leong ainsi que quelques artistes japonais. Il découvre les univers chorégraphiques de Sidonie Rochon, François Verret, Mark Tompkins et Catherine Diverrès avec lesquels il collabore.
En 1987 il crée sa première pièce Canard Pékinois qui sera suivie de quinze autres spectacles dont les derniers en date (depuis 2000) sont Asobu (création au Festival d'Avignon 2006), Journal d'un inconnu (création Biennale de Venise 2002), Les philosophes (création au Festival de Danse de Cannes 2001), Petit psaume du matin (création à la Biennale de Venise 2001). Josef Nadj développe également des ½uvres plastiques en parallèle à son travail de chorégraphe.
Depuis 1995, Josef NADJ est directeur du Centre Chorégraphique National d'Orléans. En 2006, il a été artiste associé du Festival d'Avignon.
LA "PROBLÉMATIQUE CSATH"
De la problématique Csàth à l'idée de comédie : entretien avec Josef Nadj
Qu?est-ce que la problématique Csath ?
La vie de Geza Csath constitue une problématique en ce sens qu'elle est exacerbée par les contraires : une très grande richesse intellectuelle et culturelle, et un échec. Une ouverture permanente à la modernité sociale et artistique, et une expérience psychique qui conduit à l'isolement total.
Geza Csath est une figure qui concentre l'esprit de modernité du début du XXè siècle. Et maintenant je ressens la grande nécessité de revenir aux questions essentielles qui agitaient cette époque, à cette attitude d'hypersensibilité qui permet de capter le bon chemin parce qu'elle nous maintient disponibles pour toutes les ouvertures. A toutes les questions auxquelles il s'était intéressé, toutes les réponses n'ont pas été formulées et beaucoup de chemins artistiques restent à explorer.
Comment le spectacle Comedia Tempio prend-il en compte la problématique Csath?
A partir de son attitude est né le désir, chez Csath, d'explorer les forces primordiales qui peuvent faire surgir chez chaque individu les moyens d'une plénitude. Dès ce moment-là, il se désintéresse de la production artistique pour que sa vie elle-même, devienne une sorte d'½uvre d'art. Les états simples de la vie quotidienne, il a le désir de les figer pour mieux les analyser. Il fait choix fatal de prendre de l'opium pour élargir la sensation du temps et atteindre une perception extrême des événements infimes de chaque instant.
Il est devenu la matière même de son oeuvre, sans possibilité de recul, sans possibilité de retour. Dans cet état la production n'est plus possible, il ne lui reste que le désir d'une création absolue, aussi radicale que la perception extrême qu'il explorait quotidiennement. Dans son journal il rédige l'esquisse d'un projet théâtral qui utiliserait uniquement la musique et le mouvement, sans aucune parole.
Sa mort brutale mit un terme à cette recherche et je reprends le fil de cette utopie théâtrale. Sa destruction était nécessaire pour atteindre la perception aiguë d'une vision théâtrale qu'il ne pouvait plus réaliser.
Il y avait pour moi une nécessité d'achever un projet pour lequel il avait donné sa vie ; faire que sa destruction n'ait pas été vaine.
Comment l'acceptation d'un tel héritage peut trouver forme dans un spectacle?
Par les lois intimes de la vision de Csath, il n'y a pas de déroulement du temps. Le dispositif scénique -décor, accessoires- peut évoluer mais l'action est figée. On pose des questions auxquelles les réponses deviennent insaisissables. La rationalité est impossible. C'est un état tragique tel qu'il est la base de la comédie pure. Si l'on répondait sérieusement aux questions formulées ce serait ridicule. Csath est dans une situation ininterprétable. La seule réponse c'est la comédie, ou mieux le burlesque qui naît de l'impossibilité de représenter la réponse. Ce ne peut pas être un système narratif. C'est sans arrêt la reconstruction d'un instant qu'il faut retenir avant sa fuite. Une sorte d'arrêt sur image qui dilate chaque geste de la vie.
Le burlesque est une forme hallucinée qui fait surgir le rire d'une situation tragique. Tout Comedia Tempio est sur ce seul registre.
Thèmes : danse-théâtre,