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Bleib
Joute oratoire avec chiens
Chapeau : vendredi 14 décembre, 19h, au Manège. Avec la Comédie / Reims À Scène ouverte
Date : 14 DEC
Source : Manège de Reims (
http://www.manegedereims.com)
Genre Agenda : danse
Rubrique : Nos Rendez-vous
Michel Schweizer chorégraphe
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du 14/12/2007 19:00 au 14/12/2007 19:00
Salle : Le Manège de Reims
2, boulevard du Général Leclerc
03 26 47 30 40
Reims 51100 France (Nord-Est)
Texte : Sur scène, cinq bergers malinois, cinq maîtres-chiens, un homme d'attaque, un philosophe et un psychiatre.
Bleib ("pas bouger", en allemand) est une métaphore cynique sur de la société du spectacle, une reflexion sur la servitude de l'Homme, et un appel à la liberté !
Depuis mai 2005, Michel Schweizer entretient une conversation fertile avec Dany Robert Dufour , philosophe et Jean-Pierre Lebrun , psychiatre et psychanalyste, autour des problématiques et hypothèses avancées dans leurs récents ouvrages : L'art de réduire les têtes (2003) et On achève bien les hommes (2005), de Dany-Robert Dufour ; Un monde sans limite (1997) et L'Homme sans gravité, entretien avec Charles Melman (2002) de Jean-Pierre Lebrun aux éditions Denoël (depuis en poche, FOLIO).
De cette rencontre est née l'évidence d'une communauté masculine et canine singulière, que Michel Schweizer a d'abord choisi de côtoyer puis d'inviter, dans le cadre de son nouveau projet.
Dès lors, il s'agirait de tenter une confrontation et une écriture commune, où chacun des membres de ce collectif aurait à s'inventer et trouver sa place.
Michel Schweizer poursuit donc un travail d'investigations toujours aussi singulier et étonnant. Le parcours de cet artiste témoigne d'une réelle réflexion -animée d'une sincère inquiétude- autour des mutations du sujet contemporain, entièrement formaté et asservi au vaste projet de domination du marché capitaliste.
BLEIB, nouveau projet de création de cet artiste inclassable, interroge les nouveaux comportements sociaux et attitudes psychiques qu'engendre un tel projet d'aliénation généralisée, dont l'univers marchand tire constamment profit. Et si les diverses représentations du chien, récurrentes dans les productions de la coma, venaient déjà outrageusement signifier le rôle et la figure accordés à « l'homme libéré à l'ère du capitalisme total », Michel Schweizer choisit aujourd?hui de travailler réellement avec une meute et la notion d'accident qu'elle présuppose, en invitant 5 magnifiques malinois à investir, pour un temps donné, un plateau de « spectacle(s) vivant(s) » !
En écho à la pensée éclairée et éclairante de Dany-Robert Dufour et Jean-Pierre Lebrun, philosophe et psychanalyste associés au projet et sans jamais céder à l'écueil de l'illustration, les couples maîtres-chiens nous entraînent alors dans une partition sans filet, où les mâles dominants, les hommes, sont ici garants d'une écriture chorégraphique édifiante. Il s'agit alors ici de nous demander « sous quel substitut de mâle dominant seraient donc eux-mêmes tombés les néotènes humains » aujourd'hui et au prix de quelle « dhommestication ».
Mots-clés : chiens, dressage
Inséré le : 27/06/2007 17:54
BIographie Michel Schweizer
Michel Schweizer
N'est pas diplômé en biologie moléculaire. Ne cherche pas à « susurrer la danse à l'oreille ». Ne l'a jamais étudiée à Berlin, Paris ou New York. Ne l'a pas pour autant découverte à l'âge de quatre ans. N'a toujours pas engagé de plan d'épargne logement. Ne refuse pas la rencontre. N'a pas eu la chance de rencontrer l'évidence de « la première fois ». N'est pas signataire de la charte du 20 août. Ne saurait envisager son activité sans une profonde méfiance. Ne pourrait trouver d?autre mot pour définir ce qu'elle lui occasionne : du luxe. N'a toujours pas rencontré l'occasion de sourire de son prochain investissement : un costume Hugo Boss. Ni celle de réagir à sa paradoxale acclimatation au dehors. N'a pas relu tout Deleuze cet été. N'a pas la prétention de dire qu'il se trouve prétentieux ; Ne travaille pas à « faire vibrer son sacrum ». Ne suppose pas la production sans ce(ux) qui la génère(nt) et l'autorise(nt). N'a pas encore lu la vie sexuelle de Catherine M.. Ne feuillette que très rarement les Echos ou la tribune pour les pages publicitaires ou offres d'emploi.
Convoque et organise des communautés provisoires. S'applique à en mesurer les degrés d'épuisement. Ordonne une partition au plus près du réel. Regrette de ne pas avoir pu faire des études d'architecture, d'éthologie, de sciences du langage ou de design. Se joue des limites et des enjeux relationnels qu'entretiennent l'art, le politique et l'économie. Se pose en organisateur. S'entoure de prestataires. S'impatiente. Pense à la suite... (création BLEIB 2005-2006).
Parcours
Après un passage au Conservatoire d'Art Dramatique de Bordeaux et des études à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux, Michel Schweizer commence à multiplier les expériences dans le champ des arts plastiques et de la danse contemporaine à l'époque où celle-ci - dans les années 80 - est en train de vigoureusement apparaître. Ses investigations et écrits autour de la performance et du happening l'amènent alors à se confronter publiquement à une assemblée dans le cadre d'expériences particulières qu'il choisira de concevoir et d'éprouver entièrement en solo - très tôt, l'évidence d'une pratique individuelle de l'ob-scène l'empêche de poursuivre son activité.
Il croise alors le travail d'une plasticienne ?-Aline Ribière - avec laquelle il accepte de retrouver le vis-à-vis de la représentation et commence une collaboration artistique où il devient, le temps d'une performance un « modèle » pour ses créations vestimentaires dites « vêtements de l?Imaginaire » qu'il met en scène.
Il rencontre ensuite une chorégraphe, Isabelle Lasserre, avec laquelle il travaillera pendant huit ans de 1986 à 1994. Pour causes de divergences esthétiques et politiques concernant leur activité, leur collaboration artistique cesse brutalement en 1995 à un moment où Michel Schweizer se remet violemment en question au point d'envisager la fin de toutes pratiques artistiques et, de fait, une autre activité professionnelle.
En 1995 pourtant, il crée le groupuscule la coma et propose une première création très singulière titrée Assanies 1 et 2 (1996 et 1997). C'est en 2000-2001 qu'il crée Kings puis Scan [More Business ? More Money Management] en 2003.
Thèmes : danse-théâtre,