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Les sept planches de la ruse
paysages avec acrobates chinois
Chapeau : mardi 11 et mercredi 12 mars à 20h30. Au manège.
Date : 11-12 MARS
Source : Manège de Reims (
http://www.manegedereims.com)
Rubrique : Nos Rendez-vous
Aurélien BORY Metteur en scène
bory_g2.jpg (crédits : aurélien bory / titre : bory_g2.jpg / )
bory_g3.jpg (crédits : aurélien bory / titre : bory_g3.jpg / )
planches_focus.jpg (titre : planches_focus.jpg / )
du 11/03/2008 20:30 au 11/03/2008 20:30
Salle : Le Manège de Reims
2, boulevard du Général Leclerc
03 26 47 30 40
http://www.manegedereims.com
Reims 51100 France (Nord-Est)
du 12/03/2008 20:30 au 12/03/2008 20:30
Salle : Le Manège de Reims
2, boulevard du Général Leclerc
03 26 47 30 40
http://www.manegedereims.com
Reims 51100 France (Nord-Est)
Texte : Développant une écriture scénique basée sur le corps et l'objet, tous deux propres au cirque, Aurélien Bory a d'abord réalisé au sein de la cie 111 une ambitieuse trilogie consacrée à l'espace. Espace en trois dimensions dominé par la forme géométrique du cube, (
IJK, 2000), espace en deux dimensions(
Plan B, 2003) et enfin (
+ ou - l'infini, 2005) consacré à la ligne.
Sollicité en 2004 par l'Institut français de Tanger, il met en scène, toujours dans la veine épurée du théâtre visuel qu'il pratique, un groupe d'acrobates marocains ; ce sera
Taoub. Trois ans plus tard, il a renouvelé l'aventure à Dalian (Chine), ville où exercent des acrobates parmi les meilleurs du monde. L'aire de jeu choisie pour matérialiser cette rencontre :
Les sept planches de la ruse, "qi qiao ban" en chinois, mieux connu sous le nom de Tangram... Un Tangram géant qui avec ses combinaisons infinies et ses pièces de trois à six mètres de haut sert aussi bien d'"agrès" aux évolution des acrobates qu'à figurer des éléments de paysage (ville, montagnes...)
Dans une composition en sept tableaux, ou plutôt dans un poème fait de sept métaphores géométriques, les sept planches de la ruse
veut réinventer la mythologie d'un peuple, d'un monde à part, d'un continent fictif, imaginé non pas en Chine, mais bien plus loin encore, là où « les yeux furibonds des rois adamantins valent moins que les sourcils baissés des bodhisattvas » (proverbe chinois).
A. Bory
Inséré le : 10/10/2007 11:49
Aurélien Bory
Directeur artistique de la CIE 111, qu'il crée en 1999 avec Olivier Alenda, Aurélien Bory signe la conception des spectacles, réalise leur scénographie, réunit une équipe qu'il investit dans le processus de création, collabore avec divers artistes dont Phil Soltanoff, metteur en scène new-yorkais, et joue également sur scène dans ces trois spectacles issus de cette démarche et qui
constituent la trilogie sur l'espace :
IJK, créé en 2000 au Théâtre de la Digue (Toulouse),
Plan B, créé en 2003 au Théâtre Garonne (Toulouse),
Plus ou moins l'infini créé en 2005 au Théâtre de Vidy (Lausanne). Il a mis en scène deux spectacles en collaboration avec Pierre Rigal :
Erection (2003) et
Arrêts de jeu (2006). Il a écrit et mis en scène, à l'Institut français de Tanger, en 2004,
TAOUB, spectacle qui a donné naissance au groupe acrobatique de Tanger, aujourd'hui en tournée mondiale.
Tous ces spectacles ont été programmés au Manège de Reims.
Note de conception
Poursuivant une écriture du théâtre basée sur le corps et l'objet, tous deux propres au cirque, j'ai accueilli avec enthousiasme l'idée d'aller rencontrer des artistes chinois de la ville de Dalian, dont le niveau acrobatique est l'un des plus élevés au monde. J'ai ensuite imaginé composer avec eux un conte visuel moderne, en m'inspirant du sens très développé, en Chine, de la métaphore. J'ai choisi comme support du spectacle et comme seul décor un jeu datant de l'antiquité chinoise, découvert en Europe à la fin du XIXe siècle : le tangram, ou en chinois qi qiao ban, qui signifie les sept planches
de la ruse.
Le qi qiao ban est un jeu de solitaire. Il est composé de sept éléments géométriques : cinq triangles de trois tailles différentes, un carré, un parallélogramme, qui juxtaposés d'une certaine manière forment un grand carré. Un grand nombre de figures géométriques peuvent être reproduites en variant les juxtapositions, et certaines sont très représentatives des rapports mathématiques et géométriques liant les différents éléments. Une réflexion sur certaines figures permet d'en déduire certains théorèmes géométriques de façon visuelle. Le fait de chercher dans les mathématiques l'origine du projet est à la fois une continuité dans mon esthétique basée sur la géométrie, mais aussi une façon de déplacer la rencontre avec les artistes
chinois sur un terrain neutre, une science majeure à la fois dans la pensée chinoise et dans la culture occidentale.
Le carré de base que forme l'ensemble des sept pièces, peut se diviser en seize triangles égaux. Le spectacle est ainsi conçu pour seize acteurs d'âge différent, qui viennent de l'acrobatie principalement, mais aussi de l'opéra. Les acteurs manipuleront eux-mêmes le décor. Ce grand carré
leur servira de socle, puis les sept éléments se dissocieront et pourront tenir debout sur leur tranche, dessinant des formes de trois à six mètres de haut. Les acrobates travailleront en grimpant sur les
faces de ces sept objets, dans un équilibre fragile, contrastant avec leur habituelle virtuosité.
Ces sept formes placeront ainsi l'homme au milieu de forces mathématiques qui le dépassent.
Mais ces propriétés ne seront pas uniquement utilisées en tant que telles. Placées sur la tranche, les sept pièces du jeu formeront des paysages mobiles, dont les combinaisons sont nombreuses. Il s'agit
là de mettre l'homme face à des puissances : puissances naturelles d'une part, telles que la montagne, avec les mythes qui l?habitent, et puissances politiques d'autre part, comme la ville, les grands ensembles. Aimons-nous le monde immuable d'un côté, et le monde changeant de l'autre ? Que doit-on croire aujourd'hui du monde né des forces de la terre, et du monde né des forces de l'homme ?
Dans une composition en sept tableaux, ou plutôt dans un poème fait de sept métaphores géométriques, les sept planches de la ruse veut réinventer la mythologie d'un peuple, d'un monde à part, d'un continent fictif, imaginé non pas en chine, mais bien plus loin encore, là où « les yeux furibonds des rois adamantins valent moins que les sourcils baissés des bodhisattvas » (proverbe
chinois).
Aurélien Bory, janvier 2007
Thèmes : cirque, spectacle vivant, théâtre,