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Sans retour
Moby Dick vue par un chorégraphe
Chapeau : mardi 1er et mercredi 2 avril à 20h30. Au manège.
Date : 1 & 2 AVR
Source : Manège de Reims (
http://www.manegedereims.com)
Genre Agenda : danse
Rubrique : Nos Rendez-vous
François VERRET chorégraphe
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du 01/04/2008 20:30 au 01/04/2008 20:30
Salle : Le Manège de Reims
2, boulevard du Général Leclerc
03 26 47 30 40
Reims 51100 France (Nord-Est)
du 02/04/2008 20:30 au 02/04/2008 20:30
Salle : Le Manège de Reims
2, boulevard du Général Leclerc
03 26 47 30 40
Reims 51100 France (Nord-Est)
Texte : Metteur en scène ou chorégraphe ? On ne saurait dire avec François Verret qui puise son inspiration aux grands récits littéraires (ici le mythique Moby Dick) aussi bien que dans les arts du cirque ou la danse. Mais peu importent les catégories, car du récit poétique au plateau, c?est une même énergie qui se communique à travers les corps, les agrès et les machines : de grandes souffleries mobiles qui font vibrer l?espace.
RENCONTRE AVEC FRANCOIS VERRET MERCREDI 02 AVRIL À L'ISSUE DE LA REPRÉSENTATIONLire aussi à propos de Sans retour la critique de M. Bouteillet dans LibérationCréé en 2006 au Théâtre National de Bretagne-Rennes
Mise en scène: François Verret
Chorégraphie et jeu: Mathurin Bolze, Mitia Fedotenko, Marta Izquierdo Munoz, Dimitri Jourde, Angela Laurier, Line Tørmoen
Chant: Dorothée Munyaneza, textes tirés de « The fiery hunt », La chasse ardente, de Charles Olson, poète américain (1910-1970) inspiré par la lecture de « Moby Dick » d?Herman Melville
Durée : 50 minutes
Mots-clés : moby dick, melville, sans retour, verret, reims
Inséré le : 12/12/2007 00:53
FRANçOIS VERRET
Chorégraphe, metteur en scène, acteur-danseur, réalisateur de films depuis 1980, toutes ses oeuvres ont été créés en étroite collaboration avec d’autres artistes, acteurs tels que Daniel Emilfork, Daniel Kenigsberg, Frédéric Leidgens, Alain Rigout, danseurs comme Anne Koren, Bernardo Montet, Mathilde Monnier, Jean-Christophe Pare, musiciens comme Ghédalia Tazartes, Yumi Nara, Fred Frith, Jean-Pierre Drouet, plasticiens tels que Goury, Claudine Brahem, et éclairagistes tels que Rémi Nicolas, Christian Dubet… Il reçoit en 1980 le premier prix du concours chorégraphique de Bagnolet avec la pièce Tabula Rasa. Il poursuit son travail avec notamment : Fin de parcours (1982), Les Portes d’Italie, In illo Tempore pour le GRCOP (Groupe de Recherche Chorégraphique de l’Opéra de Paris), Une éclipse totale de soleil (1983), La Latérale de Charlie pour le CNDC d’Angers, Illsuions Comiques, La pour le GRCOP, La Chute de la Maison Carton (1986), Det Kommer, Det Kommer pour les ballets Cullberg, Quel est le secret ? (1987), L’Horloge en folie, L. et Eux, La Nuit, Faustus (1990), Le vent de sa course, Où commencer ? (1992), Nous sommes des vaincus (1994), Rapport pour une académie (1996), Sur l’air de Marlbrough avec l’Ecole Nationale des Arts du Cirque, Memento (1997), Qui voyez-vous ? (1997), Kaspar Konzert (1998), Fin et début (1999), Bartleby (2000), Chantier Musil (2003), Tokyo Musil (2004), Contrecoup (2005).
En 2006 il crée Sans Retour au TNB de Rennes. La pièce sera présentée au Festival d’Avignon 2006 puis au puis au Théâtre de la Ville ainsi qu’en tournée pendant la saison 2007/2008.
De 1993 à 2000, il assure la direction artistique des Laboratoires d’Aubervilliers.
En 2002 il reçoit le Prix Chorégraphie décerné par la SACD.
De 2000 à 2006 François Verret est créateur associé au Théâtre National de Bretagne.
NOTE D'INTENTION
On pourrait dire de manière enfantine qu’un plateau de théâtre est un bateau avec un capitaine, un équipage, que c’est une petite humanité qui s’embarque dans une aventure dirigée par un metteur en scène et qu’il y a toujours le risque que celui-ci se révèle être une sorte d’Achab plus ou moins dérisoire, fou monomaniaque, tyran autodestructeur…
Mais le plateau ici, c’est aussi un espace vide, blanc, subjectivement immense qui peut ne pas être narratif, ne pas être préoccupé de raconter l’histoire de Moby Dick mais plutôt d’inventer ce qui dans cette fiction a trait à notre propre histoire, à nous-mêmes.
Ce qui se joue sur scène, à travers ce récit, parlé, chanté par Ismaël, d’une chasse à la baleine blanche, menée par Cap’tain Achab et son équipage c’est un mouvement de perte, dangereux, aveugle, qui semble parler de l’humain en général ; parler du monde dans lequel nous vivons. Il s’agit d’une poursuite, d’une quête insatiable, sans fin, impérative, qui mène les uns les autres à ne pas pouvoir s’arrêter, ni se satisfaire de supplétifs à cet absolu qu’ils cherchent. Ce qui donne au Capt’ain Achab le sentiment d’exister c’est l’exaltation et la mise en jeu des forces physiques humaines vers un but qui, escompte-t-il, serait « grandiose », fût-il un leurre. Ce qui l’habite c’est le désir de tempêtes et non pas le calme.
C’est de tempête en tempête, des soifs d’intensités pures parce qu’elles sont le lieu d’un plaisir, d’un vertige.
Le plateau est le lieu où sont visibles les forces intérieures et extérieures qui secouent, malmènent, déséquilibrent des êtres embarqués dans une chasse sans retour, soumis à des peurs, à des désirs irrationnels, contradictoires et aux violences atmosphériques du monde dans lequel ils vivent.
Ce qu’ils cherchent à atteindre si obstinément c’est la baleine blanche…
La baleine blanche c’est bien sûr une métaphore, c’est une passion, c’est l’autre, c’est un impossible, c’est une vérité, c’est toutes les forces du mal, c’est une œuvre d’art, c’est une utopie… bref c’est ce que chacun veut y mettre.
Ce qui importe, c’est de la traquer, c’est de la saisir, de la posséder, de la dompter, de la capter, de la tuer symboliquement au risque qu’elle vous tue… La question est : qu’est ce qui se joue entre le chasseur et la proie ?
Par glissement à l’échelle de notre vie intime, qu’en est-il du jeu dangereux et en partie aveugle qui pousse l’un et l’autre dans une bataille dont l’enjeu est obscur mais vital ?
Jusqu’où suivre quelqu’un ?
Pourquoi ?
Et si l’autre est fou, comment faire ?
Et à l’échelle du politique où la soif d’absolu, le vouloir dominer, le phantasme de puissance sont si omniprésents, peut on mettre en scène la faillite de cette foi en l’absolu que drainent encore aujourd’hui des idéologies de toutes sortes ?
François Verret, printemps 2006
PRESSE
Le Monde, par Rosita Boisseau, le 20 juillet 2006 - Extraits
(…) « L’écriture scénique de François Verret accède ici à une limpidité dans le tumulte presque irréelle. Lumières spectrales pour cataclysme mental, couple cabré ou saisi dans la douceur de son étreinte, jeu de bascule de deux hommes sur un radeau qui se prend pour un bateau, tout s’orchestre selon un dessein rigoureux. La découpe rythmique de la pièce imbrique les séquences chorégraphiques, la musique, le texte, le vrombissement des ventilateurs pour lever un ouragan. Depuis son premier spectacle en 1980, qui ne s’intitulait pas par hasard « Tabula Rasa », François Verret conduit de main toujours plus fine le récit existentiel d’un homme qui se construit au plus près de sa vérité intime. L’obsession mortelle d’Achab pour sa baleine harponne en chacun de nous ce penchant pour l’extrême qui nous prend parfois en otage. »
Libération, par Maïa Bouteillet, le 20 juillet 2006 - Extraits
(…) Une danse horizontale, très ancrée dans le sol, dont la douceur contraste avec la tonitruance du dispositif dramaturgique. De duos magnifiques en scènes de groupe à l'énergie contaminante, chacun semble pris dans le mouvement de la folie. Sans retour possible en effet. (…) La manière dont ils sont irrésistiblement happés ne cessant jamais de danser comme s'ils se cognaient la tête contre un mur, comme si leur vie en dépendait par ces cylindres métalliques comme par l'énorme bouche du monstre, constitue l'une des plus belles images d'un spectacle haletant une heure durant. D'absolu. Un spectacle tendu de bout en bout qui réussit, en si peu de temps, par la répétition propre à l'acharnement, à procurer une sensation de durée. Cela pourrait continuer des heures en effet car c'est bien d'une quête insatiable d'absolu qu'il s'agit. (…) Sans retour prouve, si besoin était, que la rage et le désir du créateur restent intacts. Ainsi que sa capacité à dompter d'insensés rafiots. »
Figaro, par Isabelle Danto, le 20 juillet 2006 - Extraits
« Cette pièce physique et visuelle sur une création sonore d'Alain Mahé réussit le pari de l'implicite. »
Les Echos, par Philippe Noisette, le 13 juillet 2006 - Extraits
« Chorégraphe singulier de la scène française, François Verret confronte sa danse aux éléments. (…) « Sans retour », concentré du talent protéiforme de François Verret, est une belle réussite (…) « Sans retour », au charme étrange et pénétrant, dilue encore un peu plus les frontières entre danse et nouveau cirque. On ne s’en plaindra pas. »
La Provence, par Danièle Carraz, le 20 juillet 2006- Extraits
« Non pas « dans le vent » mais contre le vent, cette œuvre de François Verret est d’une beauté et d’une force à couper le souffle. »
La Marseillaise, le 20 juillet 2006 – Extraits
« Ce n’est pas la magie du verbe qui domine mais, de manière plutôt abstraite, la puissance conjuguée de l’image, du mouvement et du son à l’état brut. »
Contrecoup
Le Monde, par Rosita Boisseau, le 28 mai 2005
"Contrecoup", sur les traces de William Faulkner (…) Dans les torsions qu'il fait subir aux gestes, aux voix, aux mots, émerge une beauté violemment sereine où la danse rayonne d'un éclat sombre. (…) Viscéral et cérébral, simple et sophistiqué, Contrecoup est aussi l'affaire d'interprètes hors pair.
Ouest France, par Corinne Bourbeillon, 19 novembre 04
François Verret Spectaculaire Contrecoup Il y a du souffle, de la vigueur, de la tension dans ses tableaux très visuels, qui s’enchaînent sans temps mort. Contrecoup est une ronde vertigineuse, sombre et tragique. Une rencontre violente entre la chair et le mots, pour mieux nous parler de douleur et d’amour. Saisissant.
Thèmes : danse, danse contemporaine,