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KITSOU DUBOIS
bio complète
Source : Manège de Reims (
http://www.manegedereims.com)
Texte : KITSOU DUBOIS - HISTOIRE D'UNE EXPÉRIENCE
Kitsou Dubois, chorégraphe, danseuse et chercheuse, travaille depuis plus de dix ans avec la recherche spatiale sur la gestuelle et les processus d'orientation et de perception du mouvement en apesanteur.
Septembre 2000, Cité des étoiles en Russie
Kitsou Dubois et son équipe, Mathurin Bolze, Eric Duranteau, Jörg Müller et Laura de Nercy ont enfilé leur combinaison de vol et communiquent tant bien que mal avec l'équipage de l'avion militaire.
L'Illyouchine 76 décolle, 8 000 mètres d'altitude sont rapidement atteints et là, l'avion part en piqué pour effectuer une parabole. À ce moment précis où l'avion compense exactement l'effet de gravitation, les corps se dilatent, les mouvements sont ralentis, bref, si l'on ne peut s'offrir une mise en orbite, c'est aujourd'hui la seule façon connue d'être en apesanteur. Malheureusement, ça ne dure que 25 secondes et au bout de la dixième parabole, les effets secondaires peuvent être redoutables.
Ainsi, Kitsou Dubois a réussi son pari de travailler près des scientifiques qui s'intéressent au corps dans l'espace. De la NASA au CNES, elle a cherché à comprendre comment un corps sans poids établit de nouveaux repères égocentrés, comment ses mouvements n'appartiennent plus qu'à lui !
Free floating
Sur terre, le danseur essaie d'étirer au maximum le passage d'un mouvement à un autre pour être le moins possible dans la cassure ou dans la chute : c'est ce qu'on appelle l'harmonie ou la grâce. En apesanteur, elle existe. La question est plutôt d '« arrêter » le mouvement, puisqu'il ne finit jamais. Les perceptions du temps et de l'espace sont complètement modifiées. En vol, tout est ralenti, on ne peut pas se déplacer, on tourne sur soi-même et dès qu'on touche une paroi, la poussée engendre une vitesse du corps linéaire. C'est comme un sentiment d'éternité. Comment savoir où l'on est puisque le temps est continu ?
Kitsou Dubois a participé à plus de quinze vols paraboliques pour atteindre à chaque fois, ces vingt-cinq secondes d'apesanteur, ces vingt-cinq secondes d'état de grâce.
À partir de cette expérience fondatrice, elle développe un processus d'expérimentation du mouvement dansé dans des milieux où la gravité est altérée : à bord des vols paraboliques, dans l'eau et sur trampoline.
Elle intervient dans le domaine art/ science : cette confrontation ouvre des pistes dans le rapport que l'homme entretient avec son environnement.
Kitsou Dubois présente un premier spectacle intitulé Gravité Zéro en 1994 à Bagnolet qui témoigne des émotions du vol en apesanteur. Le rendu en image devient indispensable.
En 1995, Jérôme de Missölz réalise le film Une danseuse en apesanteur.
En 2002, le spectacle Trajectoire fluide est créé au Parc de La Villette.
Ces années de recherches et de réflexion ont fait naître le projet Analogies.
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Kitsou Dubois I danseuse, chorégraphe et directrice artistique de Ki Productions
PARCOURS
Après une maîtrise d'économie et une maîtrise de danse sur le mouvement dans l'espace, elle soutient en 1999 sa thèse en "Esthétique, Sciences et Technologies des Arts" sur l'Application des techniques de danse au vol en apesanteur, une danseuse en apesanteur à l'Université de Paris VIII.
Depuis 1980, elle enseigne aux adultes psychotiques, aux étudiants des écoles d'art, et est chargée de cours à l'Université de Paris VII en "Art et médiation thérapeutique".
En 1989, elle obtient la "Villa Médicis hors les murs" pour son séjour à la NASA à Houston aux Etats-Unis.
De 1991 à 1994, elle collabore avec le Centre National de Recherche Spatiale français où elle propose un programme d'entraînement des astronautes à partir des techniques de danse. Elle participe depuis, à de nombreux vols paraboliques avec le Centre National d'Etudes Spatiales (CNES).
À partir de 1993, elle est en résidence à Bagnolet et présente en 1994 Gravité Zéro, pièce chorégraphique sur le rêve de vol.
En 1995, elle coécrit Kitsou Dubois, une danseuse en apesanteur, film de Jérôme de Missölz.
En 1999, elle débute une résidence Arts et Sciences à Londres et présente le montage vidéo Gravité zéro à la Lux Gallery.
L'année suivante, à Londres, elle propose l'installation vidéo Altered States of Gravity au cours festival Creating Sparks, puis elle est accueillie en résidence à l'Impérial College, jusqu'en 2002.
Parallèlement, elle donne de nombreuses conférences en Europe : en 1998, dans le cadre de the International Art and Science Conference, Eye of the storm au Royal Institution à Londres, en 2000 lors des 1ères Rencontres internationales Arts Sciences et Technologie à La Maison des Sciences de l'Homme et de la Société à la Rochelle, en 2001
An afternoon in Zero Gravity au V2/ Centre d'art contemporain de Rotterdam, en 2002 lors des Rencontres Art/Science de la Cognition aux Abattoirs, musée d'art moderne et contemporain de Toulouse, ainsi qu'en ouverture des conférences Art/Science au Métronom/ Fondation d'art contemporain Raphaël Tous à Barcelone.
En 2001, lors d'un Dimanche des curiosités au Manège de Reims, elle propose un parcours artistique autour du thème de l'apesanteur. L'Installation vidéo Gravité 0 est présentée cette même année, dans le cadre de l'exposition Leben in schwerelosen raum au Museum für Gestaltung à Zurich.
En 2002, le Ballet Atlantique- Régine Chopinot à La Rochelle et La Maison de La Villette à Paris lui proposent deux résidences qui aboutissent à la création du spectacle
Trajectoire fluide, pièce pour six interprètes. Elle présente également l'installation vidéo du même nom au Festival international du film de La Rochelle.
En 2003, Trajectoire fluide est programmé au festival Repérages du Centre des arts du cirque de Basse Normandie à Cherbourg, et lors de l'opération 100 dessous dessus au Parc de La Villette.
Le travail artistique de Kitsou Dubois se poursuit à l'automne 2003 avec le chantier création La danseuse, la chaise et son ombre.
Inséré le : 07/10/2004 00:00